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21/06/2011

Prière de musulmans pour la santé de Gaston

 Extrait des chroniques de Gaston

Ces derniers mois la santé de Gaston n'a pas été brillante et il a dû être hospitalisé à plusieurs reprises.

 

Arrivent quatre musulmans, dont notre ami Parvez travaillant pour Kamruddin mais venant nous aider au bureau deux fois par semaine pour l’administration des fonds étrangers. Mais ce ne sont pas des gens ordinaires, ce sont des dignitaires. Un grand à barbe noire, portant un large chèche carré blanc avec toute sa dignité de Mufti dirige la délégation. Parvez, qui est lui-même un Qazi (juge islamique), bien joufflu et barbe noire plus clairsemée, et portant le même couvre-tête, m’explique que l’Imam vient prier sur moi pour qu’Allah me guérisse et que les mauvais Djinns s’écartent de moi. J’accepte avec une grande joie, lui disant que je ne pouvais espérer un meilleur cadeau de sa part que la bénédiction d’Allah qui est le nom du Dieu Unique, mais que nous chrétiens appelons «Abba-père». Je suis sérieux dans ma bienvenue, car je crois à l’efficacité de toute prière, surtout faite et offerte dans une telle fraternité interreligieuse.

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Et pendant 40 minute, j’écoute, les mains ouvertes en offrande, la litanie des 99 Noms d’Allah, les signes cabalistiques montrant que ce sont essentiellement des soufis, les souffles du Mufti et de Parvez alternés sur tout le corps, les aspersions d’eau Zem-zem, et les longues récitation des sourates du Coran. « Chasse le mal, guéris de la maladie, car Tu es seul à guérir et nul en dehors de Toi ne guérit, et Ta guérison ne laisse pas la moindre trace de maladie » Tout est en arabe, mais le sérieux et la profondeur de leurs gestes, jointes à l’étrangeté de leur amitié passant au-delà de la connaissance puisque trois sur quatre ne m’avaient jamais rencontrés. Pour moi, c’est toute l’Umma (Corps islamique) de un milliard de personnes qui est là avec moi, se joignant au milliard six cents millions de chrétiens et, par Gopa et Binoy interposés assistant en témoins silencieux, de 800 millions d’hindouistes. Et quand le ‘guérisseur’ montre qu’il en a terminé, je clos le tout par un vibrant « Amîn, Alhamdoullilah » ( Amen, louanges soient rendues à Allah) Je poursuis alors en faisant quelques réflexions tirées du Coran sur l’eau bénite venant de la Kaaba de la Mecque (pour que nos hindous puissent mieux comprendre : « Comme vous vous faites avec l’eau du Gange ») et l’origine commune abrahamique de nos deux religions pourtant si différentes. Et tout se termine par une confession de fois dans le Prophète Issa (Jésus) « Parole, Esprit et Souffle d’Allah » (Coran) Ils se montrent enchantés de mes pourtant si faibles connaissances coraniques, redisant encore combien ils me sont reconnaissants d’avoir accepté leurs incantations et combien toute ma vie au service des déshérités va dans le droit fil de l’Islam. Une photo conclue leur visite. Et de mon cœur jaillit un hymne de joie pour l’amour qu’ils sont venus m’apporter, qui complète si bien le Sacrement des malades que mon supérieur brésilien m’avait donné.

Certains d’entrevous peut-être pourraient considérer avec suspicion ce type de cérémonie, la qualifiant d’inqualifiable syncrétisme ! Il ne s’agit pas avant tout de rites, mais de partage fraternel des richesses spirituelles d’autre religion. Christ nous en a le premier donné l’exemple, avec sa rencontre voulue avec la Samaritaine hérétique : « Le jour vient où les adorateurs du Père n’adoreront ni sur cette montagne, ni à Jérusalem (ni à Rome, Genève où Moscou pour d’autres chrétiens, ni à La Mecque pour les musulmans, ni à Bénarès pour les hindous, ni au Temple d’or d’Amritsar pour les Sikhs, ni à Bodh Gaya pour les Bouddhistes,) mais en Esprit et en Vérité. Dieu est Esprit, et ses adorateurs doivent adorer en Esprit et en vérité » Ce dont je suis témoin aujourd’hui. Et de plus, depuis hier, je me sens reprendre ma pleine forme, y compris mon ouïe déficiente !

Comme pour en faire écho, cinq prêtres de Howrah (dont le Provincial d’une congrégation) sont venus me ‘bénir’ ce dernier mardi 31. On ne peut pas dire que je sois isolé !

 

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