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21/06/2011

Problèmes de corruption

 Extrait des chroniques de Gaston

En parlant de la population, on ne peut omettre le fait que l’indice de corruption de l’Inde sur l’échelle internationale de 10, est de 3.3. Une honte certaine, alors que le meilleur score est 9,3 pour la Nouvelle Zélande, suivie du Danemark et de Singapour. On aurait aimé y trouver un pays au score parfait et au moins la Suisse pas trop loin de la tête ! Donc, la corruption est partout, bien qu’à des degrés divers. En Inde c’est pour le moment le problème numéro un, poussé par un tsunami de scandales tous plus énormes les uns que les autres et qui ont été jusqu`a éclabousser notre intègre Premier Ministre. Des milliards de milliards se sont évaporés lors de contrats-bidons dans certains ministères, des gratte-ciels ont été construits pour loger les familles des veuves de guerre et ont été occupés par des pontes de l’administration et leurs séides.

Mais le pire fut le soufflet lancé sur la double face des pauvres et du Congrès au pouvoir à Delhi, concernant les nombreux projets qui ont vu le jour depuis quelques années, surtout sous l’impulsion de Sonia Gandhi et du Premier Ministre pour diminuer de façon maximale la misère endémique.

Par exemple, quelques milliards d’Euros ont été mis sur un projet capital d’emploi : pour tout journalier qui n’a pas pu trouver de travail 15 jours de suite, la commune a le devoir de lui donner dix jours de travail payé à 120 roupies par jour (= 2 Euros, un peu plus que ce que mous donnons a ICOD à nos travailleurs) Il s’agit de faire n’importe quel travail d’intérêt public. L’idée est de fournir un minimum de cent jours de travail par an pour les porteurs de cartes BPL (vivant en dessous du minimum vital) Tout d’abord, beaucoup de ces cartes sont ‘achetées’ par des gens qui n’en n’ont pas besoin (et qui de plus refusent de travailler comme des forçats !) et les authentiques BPL sont refusés sur les chantiers sous le prétexte que tout le travail est déjà fait (par des amis des politiciens bien entendu) Certains Etats ont assez bien réussis, surtout dans le Sud. D’autres ont été une absolue gabegie. Au Bengale, seuls les amis communistes en ont bénéficies, ou les amis de l’opposition là où elle est en force. Dans les Etats minés par les injustices et organisés en guérilleros maoïstes, comme l’Orissa, le Jharkhand ou les Districts de Midnapour et Bankoura au Bengale, aucun aborigène n’a pu en bénéficié, les leaders maoïstes eux-mêmes (quand ce ne sont pas les policiers engages dans la lutte anti-maoïstes) empochant l’argent tout en obligeant les ouvriers à travailler…gratuits pour leurs propres projets (destruction des ponts, barrages de routes, tranchées de protection etc. Si bien que Delhi s’époumone à affirmer que le Parti au pouvoir fait tout ce qu’il peut pour les plus paumés, sans même parfois réaliser que les compte-rendu sont trafiqués jusque dans les plus hauts ministères et que l’échec de ces projets de base (aide rurale, médicale, à l’éducation, pour la naissance ou le mariage des filles, pour les cartes de rationnements à bas prix etc.) sont patents.

Nous même a ICOD en sommes les victimes, et si le procès contre Gopa piétine, c’en est une des raisons premières ! De plus, 45 de nos pensionnaires (et plus maintenant) avaient droit a une carte de rationnement, qui permet d’acheter chaque mois trente kilos de riz a deux roupie le kilo (au lieu de 15), quelques litres de kérosène, de l’huile, des légumes, du savon etc. a bas prix. En fait tout indien a droit à cette carte qui tient souvent lieu de carte d’identité. Et bien, après 7 ans de présence, nous avons réussis à établir les cartes, mais non à les utiliser. Car si le stock est bien là en notre nom au magasin, d’autres, avec une carte du Parti local (communiste ou d’opposition) cochent nos noms et le tour est joué. Se plaindre ne réussit qu’à nous faire plaindre : « Comment, mais c’est honteux, vos pauvres enfants y ont droit. Je vais immédiatement faire le nécessaire. » Six mois plus tard, re-plainte et re-complainte : « Désolé, mais je suis nouveau au bureau et ne suis pas au courant. Il faudra attendre quelques mois pour vérifier le bien-fondé de vos cartes. » Juste avant ce temps d’élection, tout le monde nous a promis que nous pourrions cette semaine même obtenir notre premier colis. On ne l’a pas encore vu ! Et nous devons encore établir une vingtaine de cartes pour les nouveaux ayant-droits. En fait, chacun à chaque étape attend qu’une organisation comme la notre donne des sous-mains pour obtenir ce qui est du.

Moins grave mais plus triste : En devenant indien, j’ai reçu automatiquement ma carte mensuelle de rations à Pilkhana. Je l’ai laissé à la nombreuse famille de Kamruddin. En arrivant à ICOD, on l’a fait transférer, en même temps que ma carte d’électeur. Et bien en sept ans, je n’ai pas encore pu offrir un oignon à nos gosses, car ma carte transférée se ballade ici ou là au gré des événements, les élus attendant toujours ‘le petit geste’ que je ne ferai jamais. Quand à ma carte de votant, j’ai pu l’obtenir il y a trois ans, mais avec une stupide erreur, le nom de mon père étant devenu Lewis Dayanand. Une comparaison de passeport par la police et je suis pris en flagrant délit de modification d’identité de mes parents. Au clou ! Depuis, j’ai signé je ne sais pas combien de papiers et d’affidavits, mais je n’ai toujours pas ma carte corrigée. On me la promet pour le trois mai, jour des élections ! La bonne plaisanterie ! Mais j’irai voter avec l’ancienne !

Alors, comment les plus pauvres peuvent-ils se débattre dans ces toiles d’araignées politico-administratives, où le choix est entre la tarentule et la veuve noire ! Et quand on pense aux milliers de morts que ces faits ont suscités depuis dix ans (car un homme lésé appartient à un parti qui s’il le faut ira brûler le bureau du parti coupable, qui ne se laissera pas faire et appellera à la rescousse tel truand du coin qui…etc

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