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16/11/2011

Changement de nom du Bengale

Paschimbanga : Pass-tchim-ban-ga. Prononcez : Pos-tchim-bon-go. Et vous décrocherez l’estime de toute la communauté bengalie qui vient de décider, tous Partis confondus, de renommer ainsi le Bengale par une simple - et stupide – traduction du nom anglais ‘Bengale de l’Ouest’. D’autant plus étonnant que le Bengale de l’Est n’existe plus depuis la partition de 1947, étant devenu successivement le Pakistan de l’Est, puis l’actuel Bangladesh. Donc, le Bengale est mort, vive Paschimbanga (prononcez etc…) Notre Mamata n’est pas peu fière d’avoir enfin, après trois siècles de fausse prononciation anglaise, avoir pu en dix minutes, - affirme-t-elle - obtenu de tous les partis. que le nom colonial honni soit rayé de l’histoire !

Mais il ya un hic. C’est que 60 % de notre mégapole n’est pas bengalie, et n’arrive pas à prononcer correctement le nouveau nom. Un deuxième hic provient du fait qu’une grosse partie du Beng…, pardon du Paschimbanga (prononcez…etc.) parle soit des langues tribales (Santali et Gormukhi par exemple), soit des langues proches du tibéto-birman tels les Lepchas et Bouthias autochtones de Darjeeling, soit encore les nombreux tibétains, ou népalis qui viennent de transformer ce bout d’Himalaya en Gorkhaland, pays des Gurkhas (en fait d’anciens de ‘l’Armée des Indes’ ou du Népal) ! On pourrait bien sûr rajouter une bonne partie des musulmans parlant l’ourdou, mais pour eux c’est un peu de leur faute si après tant de siècles ils refusent de se mettre à la langue locale. Un troisième hic serait toutes les communautés bengalies à l’étranger, fortes de plus de 5 millions de membres, et qui ne tiennent pas à être assimilées aux innombrables pays sans passé reconnu, fières du nom magique du Bengale, fameux pour ses ‘tigres du B., ses feux de B., ses lanciers du B., son Golfe du B., ses Bungalows et le nostalgique ‘B. d’or’ de Rabindranath Tagore (prononcez : Robindronath Takhur en aspirant les ‘h’ svp.!) et de ses autres Prix Nobel. Mais malgré toutes ces objections, la loi a passée et n’attend que la confirmation du Parlement fédéral qui n’aura qu’à s’incliner, même si l’ensemble des indiens tenaient à l’ancien nom. Dont moi-même !

Il est quand même étrange qu’avec tous les problèmes que doit affronter notre nouveau gouvernement, et surtout les gens, la Mamata s’amuse à de telles questions. Et ce n’est pas la première fois. Pour couronner certaines de ses excentricités (malgré une excellente performance de ces trois premiers mois de gouvernement) la voilà qui vient de mettre des bâtons dans les roues à notre Premier Ministre. Il se rendait pour la première fois depuis douze ans au Bangladesh, pour signer toute une série de traités en faveur de ce petit voisin (hum ! 160 millions d’habitants et deuxième pays musulman du monde, l’Inde étant le troisième avant le Pakistan). Et voilà que la veille même de son départ, elle annonce primo que « moi je n’y vais pas ! » et deusio que « je refuse le partage des eaux de la Tista à fifty-fifty avec le Bangladesh » Et na ! Et patatras, voilà que le plénipotentiaire indien respecté dans le monde entier, doit accepter le fait accompli et est forcé de perdre la face en refusant de signer le fameux traité qui devait devenir la source de vie de millions de bangladais, mettant le premier ministre de Dhaka Sheikh Hasina dans un sale pétrin en face de son opposition islamiste déjà depuis longtemps opposée à l’Inde. Ainsi vont les nationalismes. Ainsi dérivent les populismes !

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