29.07.2010

RETOUR AU PAYS

La présidente est partie avec Marcus à Jalpaiguri pour amener nos trois petits aborigènes dans leurs villages après plus d’un an. Ils iront aussi en Assam, à Dibrugarh pour rapatrier Anjoli, une jeune femme bouddhiste que notre ami musulman le Mullah du coin a trouvée errante au bord de la route (cf. Photo)

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Malade mentale, elle vient après près de deux ans de se rappeler son adresse près de la frontière chinoise, et avec l’aide de la police, on peut ainsi la réintégrer dans son village. Tout ce ‘vide’ me permet de terminer pas mal de choses commencées, dont un rapport très spécial d’une centaine de pages. Mais le temps passe vite car il y a beaucoup d’urgences de passage et je reste seul pour y répondre, comme pour les autres visiteurs et les problèmes des autres organisations.

 

NOUVELLES ADMISSIONS A L’ICOD

Une fois de plus, mai a été un mois d’admissions. Ce fut tout d’abord une mendiante à demi folle, hagarde, échevelée et délirante et d’une saleté repoussante qui nous arriva à neuf heures du soir , amenée par tout un groupe d’un club, hommes et femmes réunis, qui arrivaient à peine d’ailleurs à la maîtriser, car elle se débattait et mordait sauvagement.

Elle pensait sans doute qu’on en voulait à ses deux petits enfants qui sanglotaient désespérément dans les bras de voisines. Une lettre d’un maire nous demandait de l’admettre immédiatement car elle créait pas mal de problèmes dans leur localité depuis quelques mois. On l’admit immédiatement après préavis à la police et après avoir demandé à chacun de la laisser tranquille car la foule curieuse la rendait farouche. Effectivement, quelques mots attentionnés la calmèrent plus rapidement que la meilleure camisole de force. Après que les responsables l’aient lavée, épouillée, revêtue d’un beau sari et apprivoisés les enfants, il s’avéra que Josna-Pleine Lune était assez jolie pour ses 25 ans, et que ses deux enfants, décrassés étaient mignons tout plein (cf. photos).

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Le petit garçon de quatre ans, Anondo-Joie fort dégourdi, m’adopta d’emblée et s’avéra fort intelligent. Quant à sa petite sœur plus peureuse mais qui paraît exceptionnellement ouverte pour ses deux ans, elle fait maintenant la joie de tous. Avec eux, notre quatuor de bébés enchantent les malades qui les adorent ce qui contribue sans doute, en réveillant leur instinct maternel, à leur réhabilitation.

 

TROIS GROUPES VISITENT L’OCOD

Tiré des récentes chroniques de Gaston

 

Trois dimanches de suite, sous une chaleur absolument écrasante, nous reçûmes trois groupes successifs : le premier venant d’une des paroisses de Howrah avec 80 personnes dont douze Soeurs de Mère Teresa venant directement de leur Maison Mère de Kolkata. Elles furent enthousiastes et comblèrent nos jeunes de cadeaux. Elles montrèrent leur étonnement qu’une organisation non chrétienne comme ICOD utilise les mêmes motivations que Mère Teresa. Quand je leur expliquai que nombreux étaient les orphelinats musulmans ainsi que les maisons de réhabilitation de la Ramakrishna Mission, et il y avait nécessité de travailler ensemble entre croyants et même non croyants au service des plus déshérités, elles semblaient tomber des nues.

 

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Le deuxième groupe nous vint de Kolkata : 90 personnes d’une des plus grandes paroisses de la ville avec le prêtre qui avait représenté l’Archevêque lors de l’inauguration de notre Maison de Prière. Complètement trempés de sueur, ils nous affirmèrent que ce fut le plus beau Nouvel An bengali (16 mai) qu’ils avaient vécus en découvrant cette Communauté Humaine de Base formant une si belle famille plein d’amour. Le père curé nous présenta alors une famille musulmane que, disait-il, il avait pris comme cuisiniers, malgré l’opposition de nombreux chrétiens qui briguaient le poste ! Cela me parut effectivement un pas vraiment courageux dans l’ambiance si souvent étriquée des petites communautés de chaque religion, mais vraiment dans la bonne direction.

 

Le troisième groupe était constitué de jeunes étudiants, tous hindous, étudiant au prestigieux Collège de Don Bosco. La conversation (en anglais) avec eux fut passionnante, car leur sincère étonnement et leur recherche de jeunes les poussaient à questionner les fondements même d’une société où tous et toutes se sentiraient égaux. Alors que pour eux, riches de leurs familles et de leurs études, ils n’avaient jusqu’à présent pensé l’avenir qu’en fonction du développement technique de l’Inde et non de la présence de laissés-pour-compte que leur milieu « anglicisé » ignoraient superbement. Ils furent si émus qu’ils nous laisseront tout leur magnifique équipement de cricket !