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12/01/2020

Autour de Noël avec Gaston

Noël à ICOD pour les enfants des briqueteries, les enfants du village, et des passages d’ONG de Calcutta et d’amis suisses et français raconté par notre ami Gaston.

 

Le froid sec arriva deux jours avant les fêtes, l’électricité revint, et ce fut pour nous quatre jours merveilleux, bien que crevant. La veille, un groupe de danses vint gratuitement se produire de 17 h. à 23 heures. À minuit, prière de rigueur au Temple interreligieux de la Divine miséricorde, abrégée par le froid, mais qui permit quand même avant d’aller dormir à la présidente Kajol d’amener l’Enfant Jésus à la crèche, vraiment belle cette année, et de partager le gâteau traditionnel.

Le Jour de Noël, plus de 450 personnes envahirent ICOD. Ce fut tout d’abord 200 petits adivassis, co-esclaves de briqueteries, qui sont la prunelle de mes yeux avec leurs minois aux yeux peureux, leurs cheveux jaunes souffrant de malnutrition, leurs tailles inférieures à leur âge réel, l’amour extraordinaire manifesté par les grandes (ou petites) sœurs, leurs soins les uns envers les autres comme des chatons perdus, et leur joie réelle et si bien manifestée lorsque…personne ne les regarde ! On ne trouve plus guère, au Bengale du moins, ces gosses débraillés, même avec des habits de fête. Je me retrouve à Pilkhana 48 ans auparavant. C’est la misère à l’état brut. C’est l’odieuse réalité de ces milliers d’enfants qui mourront avant cinq ans, à cause de l’asservissement de leurs parents, de la traite de leurs familles, de l’inexistence de leurs vies. Ils vivent ici mais sont traité en étrangers, leurs patries (Odisha, Chhattisgarh, Jharkhand, Bihâr etc…) ne les reconnaît pas. Ils parlent au moins huit langues tribales et ne se comprennent pas. Et ne peuvent jamais sortir de leurs antres de briques, sauf à ICOD à cause de plus de 30 années d’essais avec leur boss qui a fini par nous laisser le plus petits deux fois par an. Et nos dix jeunes femmes qui viennent les voir chaque jour dans dix briqueteries. Mais je sais aussi ce qui se passe ailleurs dans les 54 autres… Et c’est horrible. Avec Gopa, nous nous promettons d’essayer de changer l’orientation d’ICOD pour essayer d’en faire admettre une cinquantaine des tout-petits, pour qu’au moins, on leur donne leur chance de survivre. Mais pas décemment, puisqu’ils sont condamnés aux travaux forcés ! Que faire Seigneur, que faire ?

Mais aujourd’hui, c’est la fête des sports pour eux. Et distribution d’oranges et de gâteaux, puis la magnifique balade le long de la rivière, et une de nos plus belles photos de groupes. Et ensuite, sports, et vers 16 h. récompenses. En même temps qu’eux, nous accueillons quatre groupes : deux ONG de Kolkata et Howrah, qui nous offrent argent et dons matériels, un bon groupe de collégiens du sud de la métropole qui organise un concours de dessins avec nos jeunes, puis une séance de prestidigitation, et enfin, offre une impressionnante masse de livres, cahiers, crayons, sacs d’écoliers pour au moins toute une année. Et au milieu de tous cela, plusieurs anciens avec leurs familles…Chacun a mangé, et c’est bien grâce une famille de Lyon que nous avons pu offrir cette bamboula de joie à tous, y compris à plusieurs centaines de gosses de notre village le matin (une orange et un cake). Quelle magnifique journée ! Et quand vers 18h. nos amis de

Chennai (Madras), la chère famille Srini Gopalan, un ami businessman plein d’amour, venue s’enquérir de quelle serait la meilleure façon de nous aider, nous oubliâmes notre lassitude pour nous lancer dans deux heures de négociations qui nous valurent un don de 50.000 roupies, qu’ils se sont promis de renouveler plus tard…Et c’est sur nos talons que nous sommes allé nous coucher…bien plus tard d’ailleurs !

Et le lendemain, rebelote avec un merveilleux ami helvétique, Jean Marie, qui nous arrive via Iran,

Pakistan et Varanasi. C’est avec une énorme joie que nous l’accueillons, mais en lui disant : à demain, car aujourd’hui, on marche sur nos talons ! Il nous est arrivé comme un Père Noel, avec des dons de plusieurs personnes, toutes merveilleuses, et nous pouvons ainsi renouveler la dernière année de scolarité de notre musulmane en Madrassa spéciale, Yasmina et également de notre Devdut, tous deux en Terminale. Et le samedi, c’est notre ami français le Frère François-Marie qui revient, ayant obtenu enfin à nouveau son visa.

…Mais quelle joie de la revoir, car son travail au coeur de la misère de la gare de Sealdah durant tant d’années nous obligent de ne pas le laisser tomber. Si peux d’ONG (on les compte sur les doigts) s’occupent des VRAIS pauvres !

Et si je ne me suis jamais endormi cette semaine avec le visage de l’Enfant de Bethlehem, c’est simplement parce que ce sont les frimousses des bambins aborigènes qui ont pris sa place et envahis mon coeur pour, je l’espère, leur réserver ma vieillesse !

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