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15/02/2012

Un espoir pour la répartition des ressources alimentaires.

Dieu merci, une nouvelle loi pour permettre à toute la population de manger à sa faim a cette fois passée grâce à l’énergie de Sonia, appelée « la reine-mère » par ses détracteurs : Il s’agit de favoriser la consommation de ceux qui sont au bas de l’échelle. Avouons que c’est mieux que de continuer à favoriser la surconsommation de nos riches et des pays riches ! Mais la loi ratisse large, et le trésor du pays en prendra un sacré coup. Car plus de 700 millions d’habitants (64% de la population) sont concernés :

75% en campagne et 50 % dans les villes !

La répartition sera la suivante :

- Priorité absolue pour les « miséreux » donc ceux qui sont en dessous du minimum de pauvreté, appelés ‘BPL’soit 45 % dans les villages (~315 millions de personnes) et 30 % en ville (~210 millions). . Ils recevront  35 kilos de céréales par personne et par mois

- Ensuite les « pauvres » soit 175 millions de personnes recevront 3 kilos par personne et par mois

Cela fera 60 kilos à ICOD pour nos vingt internes qu’on a pu inscrire sur la liste. Car comme la plupart de nos 210 pensionnaires n’appartiennent pas à la commune, c’est la bagarre pour les faire inscrire. Les villageois croient qu’on leur vole leur dû quand nous emportons notre marchandise !

 

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Autres bénéfices :

- Enfants au sein : 1000 roupies par mois durant trois mois. (plus si c’est une fille comme déjà aujourd’hui)

- Les Cartes de rations seront au nom de la plus ancienne femme de la famille (et plus des hommes, ce qui est une immense amélioration car ils vendent souvent les aliments pour boire !)

- Le supplément nutritionnel sera fourni jusqu'à 14 ans.

- Un repas par jour pour tous les enfants des écoles (comme actuellement)

- Deux repas par jour à une cuisine communautaire pour les sans-abris.

- Deux repas gratuits par jour en cas de catastrophe naturelle durant trois mois.

- Amende de 3000 rp pour chaque responsable qui ne donnera pas a chacun son dû ou qui prélèvera des détournements.

- A partir de la nouvelle année (avril), tous les 200.000 Panchâyats (= communes) de l’Inde devront enregistrer par vidéos leurs débats et décisions. Ceux qui ne feront pas leur boulot convenablement se verront retirer tous les fonds de développement autres que ces rations.

 

Tout ne sera pas gratuit cependant:

- Le riz sera de 3 roupies par kilos au lieu de 6 ou 10 (ou …20 !)

- Et du coup il faudra que le gouvernement trouve 62 millions de tonnes de céréales seulement pour cette loi. L’Inde en produit amplement et même en exporte, mais le problème sera de les garder dans les silos tout le long de l’année et de les transporter judicieusement. Cela promet une foire d’empoigne et un beau gaspillage.

 

A peine le projet de loi annoncé, les dix millions d’aides familiales (esclaves familiales dirai-je plutôt), réclament à leur tour… : « Et nous ? »

Survient l’inévitable question : face à l’omniprésente gabegie, comment faire pour que cette aide atteigne réellement – mais alors réellement – les vrais destinataires ?

 

Une base de données biométrique : espoir ou fumée ?

Des milliards de $ ont déjà été donnés pour sortir les pauvres de leur misère, - avec un certain résultat il faut le reconnaître puisque 200 millions s’en sont bien sortis – mais au prix d’un extraordinaire gaspillage.

Pour y répondre les scientifiques ont convaincus le gouvernement de démarrer la plus grande base de données biométriques du monde : attribuer un numéro à 12 chiffres à chacun des un milliard deux-cent millions (et plus) d’indiens à l’aide des cinq empreintes digitales et le scanner des deux iris. Il ne pourra pas y avoir deux numéros semblables. En quelques secondes ce fichier « Aadhaar » peut révéler que cet individu né en telle année, habite à tel endroit et porte tel nom. Il pourra alors avec une simple empreinte de pouce devant tout téléphone portable recevoir ce dont il a droit, ouvrir un compte bancaire, obtenir une carte d’identité électronique, un passeport, se faire soigner gratuitement à l’hôpital, se mettre dans la file des ayants-droit à la nourriture, à un travail ou un logement etc.

Comme il y a déjà 750 millions de portables, il s’agira simplement (si simple !) de les adapter. Depuis mi-2011, 220 millions de personnes ont déjà été répertoriées. Même des sans-abris de Mumbay mais mendiants à Delhi peuvent d’ores et déjà faire des démarches administratives. D’après le programme américain à l’origine de cette idée, mais qui ne touche que ( !) 100 millions de personnes, aucun moyen de tricher. J’en doute cependant, car les indiens sont plus malins que les occidentaux dans ce jeu de la triche. Ils s’y exercent depuis 5000 ans ! Il n’empêche : que le système marche ou ne marche pas, on ne trouvera plus après dix ans (dit-on) un aborigène au fin fond d’une jungle pouvant dire : « Je ne suis personne », un habitant d’un hameau isolé himalayen soupirant : « Je ne suis même pas indien », une fille des slums pouvant affirmer : « Je suis moins que rien, puisque je ne sais même pas mon identité » Cela seul déjà, serait un énorme progrès ! Car tout être humain a le droit d’être reconnu comme tel. Et pour les femmes, c’est déjà la certitude de ne plus dépendre de leurs pères, maris, frères ou fils, mais d’être bien « elles » (Cela me dégagera enfin de pas mal de responsabilités de remplacement de ce genre !)

Enfin, avantage supplémentaire, tout étranger illégal ne pourra plus être utilisé par les partis politiques pour voter pour eux contre de l’aide. Ils sont déjà bien plus de 30 millions d’immigrés, politiques pour la plupart : Bangladais, Afghans, Sri Lankais, Birmans, Tibétains, Pakistanais, Népalis, Bhoutanais, Chinois, Arabes divers, Iraniens, Russes de Sibérie, voire indiens anglais et apatrides ou Sheikhs arabes suspects dans leurs contrées. Faut-il y rajouter les dizaines de milliers de travailleuses du sexe de Russie, Ukraine, Géorgie, Kazakhstan, Ouzbékistan Kirghizstan, Tchétchénie et Azerbaïdjan, si appréciées à Delhi ? Etrangers ils sont. Etrangers ils resteront, sauf le jour ou ils seront reconnus comme ‘indiens naturalisés’. Je n’aurais pas ainsi besoin de montrer des tas de papiers (qu’aucun policier d’ailleurs ne comprend) pour prouver que je suis vraiment indien : « voici mon pouce, apposez-le sur votre portable ou le mien et vous saurez en trois secondes si je mens » Cela coûtera des milliers de milliards de roupies, mais les savants de la Silicon Valley indienne savent ce qu’ils font, puisque ce sont eux en grande partie qui ont créés le système américain. De l’espoir donc pour demain ou simplement de la fumée ?

08/01/2012

NOUVELLE CHRONIQUE DE GASTON

Dans sa dernière chronique, Gaston nous narre la vie quotidienne à l’ICOD avec ses joies et ses peines.

Il fait état également de deux drames survenus à Kolkata et dans les environs faisant près de 300 morts au total.

Enfin, Gaston dans un large tour d’horizon rappelle toutes les ONG qu’il a contribué à créer, pour certaines avec l’aide de nos associations l’ASSS et l’AVTM. Toutes ces ONG sont financées très majoritairement par Dominique Lapierre, mais l’AVTM prend à son compte le financement de programmes spécifiques notamment avec ABC (pour 100 roupies reçues par ABC, 76 proviennent de Dominique Lapierre et 6 de l’AVTM) et bien sûr avec Gaston et ICOD.

Vous trouverez de larges extraits de cette chronique dans les articles ci-après.