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16/11/2011

Corruption en INDE

Notre inflation dépasse les 10 % pour la première fois depuis au moins 17 ans, les légumes sont introuvables à cause des immenses surfaces inondées, et les pauvres voient leurs maigres ressources entièrement vouées à la nourriture de la famille. Et ce au moment même où la lutte contre la corruption bat son plein, affaiblit le gouvernement central, freine la croissance par absence de confiance et produit une atmosphère d’insécurité réelle, quoique bien relative face à la plupart des pays de la planète dépendants par trop des paniques économiques de l’Occident.

J’ai parlé ‘corruption’. Peut-être, est-il temps qu’on essaye ensemble d’approfondir ce sujet délicat. L’Inde se trouve dans une position vraiment peu enviable, pas bien loin du bas de l’échelle des nations. Officiellement, peut-être, il y a un problème de classification, avec lequel jouent avec brio les organisations de statistiques internationales.

Une des façons les plus efficaces de dénigrer l’Inde est de souligner la misère d’une grande partie de sa population d’une part, et la corruption devenue endémique dans tous les secteurs de la vie, en les comparant non pas en pourcentage de la population, mais en nombre total d’individus. On le fait tout aussi bien pour la Chine d’ailleurs, avec cette différence qu’elle est vraiment totalitaire alors que l’Inde est démocratique, bien que gangrenée par tant de maux qu’on se demande bien si elle ne mériterait pas une petite cure de dictature ici où là. Toujours est-il qu’en contemplant la fameuse échelle de corruption, on découvre que le Mexique par exemple, malgré se milliers de morts annuels par gouvernement et maffia de drogue conjuguées, jouit d’un meilleur classement. De même que la Guinée équatoriale, avec la pourriture absolue de son régime marxiste dictatorial. Et on ne peut ensuite pas échapper à la conclusion qui s’impose : l’Inde est un des pays les plus corrompus du monde (tiens, tiens, le Pakistan et l’Afghanistan nous précède quand-même, bien que pas la Chine !)

Changement de nom du Bengale

Paschimbanga : Pass-tchim-ban-ga. Prononcez : Pos-tchim-bon-go. Et vous décrocherez l’estime de toute la communauté bengalie qui vient de décider, tous Partis confondus, de renommer ainsi le Bengale par une simple - et stupide – traduction du nom anglais ‘Bengale de l’Ouest’. D’autant plus étonnant que le Bengale de l’Est n’existe plus depuis la partition de 1947, étant devenu successivement le Pakistan de l’Est, puis l’actuel Bangladesh. Donc, le Bengale est mort, vive Paschimbanga (prononcez etc…) Notre Mamata n’est pas peu fière d’avoir enfin, après trois siècles de fausse prononciation anglaise, avoir pu en dix minutes, - affirme-t-elle - obtenu de tous les partis. que le nom colonial honni soit rayé de l’histoire !

Mais il ya un hic. C’est que 60 % de notre mégapole n’est pas bengalie, et n’arrive pas à prononcer correctement le nouveau nom. Un deuxième hic provient du fait qu’une grosse partie du Beng…, pardon du Paschimbanga (prononcez…etc.) parle soit des langues tribales (Santali et Gormukhi par exemple), soit des langues proches du tibéto-birman tels les Lepchas et Bouthias autochtones de Darjeeling, soit encore les nombreux tibétains, ou népalis qui viennent de transformer ce bout d’Himalaya en Gorkhaland, pays des Gurkhas (en fait d’anciens de ‘l’Armée des Indes’ ou du Népal) ! On pourrait bien sûr rajouter une bonne partie des musulmans parlant l’ourdou, mais pour eux c’est un peu de leur faute si après tant de siècles ils refusent de se mettre à la langue locale. Un troisième hic serait toutes les communautés bengalies à l’étranger, fortes de plus de 5 millions de membres, et qui ne tiennent pas à être assimilées aux innombrables pays sans passé reconnu, fières du nom magique du Bengale, fameux pour ses ‘tigres du B., ses feux de B., ses lanciers du B., son Golfe du B., ses Bungalows et le nostalgique ‘B. d’or’ de Rabindranath Tagore (prononcez : Robindronath Takhur en aspirant les ‘h’ svp.!) et de ses autres Prix Nobel. Mais malgré toutes ces objections, la loi a passée et n’attend que la confirmation du Parlement fédéral qui n’aura qu’à s’incliner, même si l’ensemble des indiens tenaient à l’ancien nom. Dont moi-même !

Il est quand même étrange qu’avec tous les problèmes que doit affronter notre nouveau gouvernement, et surtout les gens, la Mamata s’amuse à de telles questions. Et ce n’est pas la première fois. Pour couronner certaines de ses excentricités (malgré une excellente performance de ces trois premiers mois de gouvernement) la voilà qui vient de mettre des bâtons dans les roues à notre Premier Ministre. Il se rendait pour la première fois depuis douze ans au Bangladesh, pour signer toute une série de traités en faveur de ce petit voisin (hum ! 160 millions d’habitants et deuxième pays musulman du monde, l’Inde étant le troisième avant le Pakistan). Et voilà que la veille même de son départ, elle annonce primo que « moi je n’y vais pas ! » et deusio que « je refuse le partage des eaux de la Tista à fifty-fifty avec le Bangladesh » Et na ! Et patatras, voilà que le plénipotentiaire indien respecté dans le monde entier, doit accepter le fait accompli et est forcé de perdre la face en refusant de signer le fameux traité qui devait devenir la source de vie de millions de bangladais, mettant le premier ministre de Dhaka Sheikh Hasina dans un sale pétrin en face de son opposition islamiste déjà depuis longtemps opposée à l’Inde. Ainsi vont les nationalismes. Ainsi dérivent les populismes !

05/09/2011

Chronique de Gaston

Tout d'abord bonne nouvelle : la santé de Gaston s'est amélioré en ce mois d'aout. Nous en sommes très content et rassuré.

Dans sa chronique, il nous conte comme souvent le vie à l'ICOD marqué encore une fois par des inondations due à la mousson.

Il parle aussi longuement d'un de ses amis qui vient de mourir : le maharaj de la Ramakrishna Mission de Bélari.

Bonne lecture et n'oubliez pas que les besoins de nos amis indiens restent immenses. Vous avez dans la colonne de gauche toutes les indications pour effectuer un don.

Merci d'avance.