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16/11/2011

Fêtes à l'ICOD et ailleurs

 

Avant les grandes Poujas, deux autres jours de congés pour célébrer deux puissances célestes très populaires : Vishwakarma, déité très apprécié signifiant « l’Universel qui sait tout, l’Omniscient », désignant depuis les Védas la personnification de la puissance créatrice. En cet avatar, il est le charpentier des dieux, leur joailler, celui qui construit toutes les cités, qui façonne les charriots célestes, le Seigneur de la science, de la mécanique, des arts, des artistes et des artisans comme aussi de l’architecture. Pour les hindous fondamentalistes, il est en plus celui qui a construit la ville de Lanka pour les démons et le pont entre l’Inde et Sri-Lanka (ce fameux pont qu’ils exigent que le gouvernement reconstruise au lieu de faire une réserve naturelle des iles corallifères !) En son honneur, chacun doit apporter son outil de travail pour le faire bénir. Les écoliers amènent leurs cahiers, livres et stylos. Une grande statue a été érigée à ICOD durant trois jours.

 

 

Fete à l'ICOD.jpg

 

Fête des frères et soeurs_1.jpg

 

Le même jour a lieu en différents villages la vénération d’Oshtonag, la déesse à huit têtes de serpent. Elle a face humaine mais avec une queue de cobra et une coiffe de huit najas. L’honorer, est se défendre des piqures de serpents, de scorpions et autres insectes malveillants. Inutile de dire que son culte est très en vogue partout. Il aide à apprendre à protéger les serpents et a se les rendre favorables plutôt que les tuer ! Invité à inaugurer le spectacle, j’ai parlé de la paix dans l’amour et sous le regard du Dieu. Et ai reçu les seuls applaudissements de la soirée. Rare en ces occasions de fêtes, où les buveurs font la loi. Justement hier, donc la veille de cette coutume, une fille entrant dans la véranda voit un énorme serpent se dresser contre la porte vitrée de ma chambre. Elle s’est enfuie en hurlant qu’un cobra géant allait m’attaquer. Un travailleur vint le chasser. Ce n’était que mon ami le serpent-ratier mâle de plus de deux mètres qui loge au-dessus de nos têtes. Je le vis un peu plus tard dans le jardin. Il est de vraiment belle taille, mais est inoffensif, sauf si il se fâche, Avec ses anneaux puissants, il peut fracturer le bras d’un enfant. Il entre parfois dans ma pièce mais y reste très discret si j’y suis. Heureusement, le nombre de mangoustes (petits animaux carnivores et prédateurs ressemblant vaguement à une fouine) se sont multipliés, et je sais trois endroits où pouvoir les rencontrer gambadant en couple. Les grandes mangoustes (taille de blaireau) sont moins fréquentent mais nichent par ici aussi. Grâce à ces animaux, le nombre des reptiles venimeux est tombé de façon absolument surprenante. Plus guère à craindre une piqure de cobra, de bongare ou de vipère. Mais on reste prudent durant la mousson, si active cette année qu’il pleut tous les jours ou presque. Ce qui fait danser de joie les nombreuses sangsues.

Pêche miraculeuse de 5 à 7 kilos.jpg


Nos deux étangs ont souvent débordés et nous devons en protéger les poissons avec des filets. On en a profité pour faire une pêche miraculeuse. Les photos témoignent de leur bonne santé. Et de leur bon poids. Nous n’en n’avons prélevés que quarante kilos pour nos quelques deux cents bouches pour la ‘Fête de la popote’ (Ranna Pouja) 200 grammes par personne pour deux repas est un luxe rare !

Pêche miraculeuse.jpg


 

Mais depuis 10 jours, les pluies torrentielles ont inondé plusieurs Etats (Bihâr, Orissa, Uttar Pradesh) et affectés plus de deux millions de personnes à ce jour, avec une centaine de morts pour l’instant et des centaines de milliers de sinistrés. Notre Damodar monte dangereusement à nouveau chaque semaine…

 

Centenaire de la naissance de Mère Teresa

 Pour le centenaire de la naissance de Mère Teresa, l’Inde s’est mise en fête. Elle avait déjà été mise en timbre de son vivant (premier indien à recevoir cet honneur !), on lui a en a reproduit un nouveau. Et pour faire bon poids, une pièce de monnaie courante de cinq roupies à son effigie, mais en bronze doré. Ont été rajoutés un long train bleu et blanc appelé ‘Mother Teresa Express’ pour véhiculer à travers toutes les stations de l’Inde une exposition multimédia en son honneur (il y a même une vidéo d’Arte sur…le fondateur d’ICOD !) Et des tas de programmes religieux et culturels partout.

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Sur la tombe de Mère Teresa

Quatorze ans après sa mort, elle est plus vivante que jamais. Nous avons emmenés les grandes filles en ce jour à son tombeau pour la première fois. Elles étaient extatiques. Une cérémonie en fait très simple et très émouvante, dominée par des chants de professionnels hindous, musulmans, chrétiens ou Sikhs. On y a rencontré la Supérieure générale, qui était venu à ICOD, Soeur Prema, et qui nous a béni avec son large sourire si attirant.(cf. photo)

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Soeut Prema, supérieure générale

Il y a maintenant plus de 5000 soeurs (1200 de plus qu’avant), dans 800 maisons et 138 pays (18 de plus qu’en 1997) On ne peut pas dire qu’elles ralentissent, même s’il y a moins de novices indiennes. Bref, à Kolkata, elle compte, et ‘son‘ avenue est la plus importante de la métropole, ex-Park Street qui se trouve être en plus, la rue chaude des routards et de la jet-society ! Je suis heureux de ce qu’une ‘nonne’ chrétienne soit considérée comme une gloire dans un pays non chrétien (les catholiques sont moins de 2 %, et à Kolkata, 0,03 %) Quel bel exemple de tolérance ! Nos pays dits sécularisés devraient en prendre de la graine.

 

Corruption en INDE

Notre inflation dépasse les 10 % pour la première fois depuis au moins 17 ans, les légumes sont introuvables à cause des immenses surfaces inondées, et les pauvres voient leurs maigres ressources entièrement vouées à la nourriture de la famille. Et ce au moment même où la lutte contre la corruption bat son plein, affaiblit le gouvernement central, freine la croissance par absence de confiance et produit une atmosphère d’insécurité réelle, quoique bien relative face à la plupart des pays de la planète dépendants par trop des paniques économiques de l’Occident.

J’ai parlé ‘corruption’. Peut-être, est-il temps qu’on essaye ensemble d’approfondir ce sujet délicat. L’Inde se trouve dans une position vraiment peu enviable, pas bien loin du bas de l’échelle des nations. Officiellement, peut-être, il y a un problème de classification, avec lequel jouent avec brio les organisations de statistiques internationales.

Une des façons les plus efficaces de dénigrer l’Inde est de souligner la misère d’une grande partie de sa population d’une part, et la corruption devenue endémique dans tous les secteurs de la vie, en les comparant non pas en pourcentage de la population, mais en nombre total d’individus. On le fait tout aussi bien pour la Chine d’ailleurs, avec cette différence qu’elle est vraiment totalitaire alors que l’Inde est démocratique, bien que gangrenée par tant de maux qu’on se demande bien si elle ne mériterait pas une petite cure de dictature ici où là. Toujours est-il qu’en contemplant la fameuse échelle de corruption, on découvre que le Mexique par exemple, malgré se milliers de morts annuels par gouvernement et maffia de drogue conjuguées, jouit d’un meilleur classement. De même que la Guinée équatoriale, avec la pourriture absolue de son régime marxiste dictatorial. Et on ne peut ensuite pas échapper à la conclusion qui s’impose : l’Inde est un des pays les plus corrompus du monde (tiens, tiens, le Pakistan et l’Afghanistan nous précède quand-même, bien que pas la Chine !)